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COMPAGNIES DE DANSE

 
R F I

" La Compagnie " de Kettly Noël
et La Jeune Compagnie Malienne de Danse Contemporaine

"La Compagnie " de Kettly Noël


Double lauréate à Sanga III (3ème prix et prix RFI Danse) aux 5èmes Rencontres Chorégraphiques de l'Afrique et de l'Océan Indien avec la pièce " Ti chèlbè "


Démarche artistique
Les recherches de " La Compagnie " favorisent le partage nécessaire à l'évolution artistique de la démarche. Un vrai échange où la générosité le dispute au respect de la culture de l'autre. C'est un long processus qui demande une grande disponibilité.

Depuis 2001, avec " La Compagnie " Kettly Noël développe un univers très personnel se nourrissant des réalités quotidiennes, s'enrichissant du métissage des cultures.

Le travail repose sur le sens du mouvement, de ses racines et de la source commune qui les abreuvent. Il demande au danseur de s'investir et lui offre la possibilité de mettre son vécu au service d'une recherche. Ainsi la danse se fait plus proche de celui qui la regarde, elle n'est pas coupée des réalités quotidiennes. Elle donne à voir et à vivre simultanément.

" La Compagnie " dispose d'un Espace de travail "(L'Espace) lui permettant d'accueillir aussi des compagnies et des danseurs en résidence.

" La Compagnie " se base sur l'interculturel. Cette inspiration et assimilation des différentes cultures donnent, nourries d'un travail de recherche poussé , une dynamique nouvelle à la danse.

Parcours…

Kettly Noël

Kettly Noël vient d'Haïti. Anecdote " Il y avait une jolie fille qui habitait dans ma cour, à Port au Prince. Elle était danseuse folklorique et je l'idolâtrais : je suis sûre qu'elle m'a donné envie d'entrer dans ce monde. Elle s'appelait Bertolette et c'était mon secret : je voulais être danseuse… ".

Kettly a onze ans. Elle a déjà monté un spectacle de quartier et danse comme toutes les petites filles de son âge. Après le bac, à 17 ans, elle entre dans la troupe de Patrick Lacroix. C'est le début d'une formation, d'une discipline aussi, avec huit heures de travail par jour. Parallèlement, Kettly poursuit " sa danse à elle ", une recherche qu'elle juge, avec le recul, le point de départ de sa démarche. Le déclic se produit en 1990. On l'invite à se produire devant les journalistes de passage. Elle meurt de peur, mais se lance dans un solo qui ne ressemble à rien et stupéfie l'assistance. Depuis quelque temps, Kettly dialoguait avec Viviane Gaultier qui lui expliquait le langage et les origines de la danse haïtienne : " Ce n'était plus seulement du folklore. Cette femme donnait un éclairage à la danse traditionnelle. Elle avait un regard sur l'esclavage, la déportation, l'éloignement, le rapport à l'Afrique. Elle me montrait toute la nostalgie qui en découlait et essayait de me faire comprendre d'où venaient les racines de la danse haïtienne. C'est le début d'un voyage dans mon imaginaire et l'appel de l'Afrique". Kettly Noël commence à surprendre. D'où vient donc sa danse, se demande-t-on quand elle paraît sur les scènes de l'île ?

Débarquée à Paris début des années 90, elle a soif d'apprendre. Et fonce. Kettly a l'énergie farouche. Et la volonté, une volonté terrible. Elle monte une compagnie et plusieurs chorégraphies. Elle ouvre des pistes. Rien ne semble pouvoir l'arrêter. Elle sait maintenant qu'elle a fait le choix de la danse.

Installée au Bénin en 1996, son travail prend une autre tournure : " J'avais pris conscience et dès mon arrivée à Cotonou, je cherche à comprendre ce que je fais. Pour comprendre, je transmets en partageant et j'apprends en transmettant ". Elle débute une formation à la danse contemporaine avec des jeunes issus des quartiers et crée une compagnie avec eux. Aujourd'hui, ils sont tous membres du Ballet National.

Fin 1999, elle arrive au Mali et poursuit la démarche. Elle fait construire le premier parquet de danse de Bamako et suscite les rencontres. L'échange et le partage sont toujours ses lignes de conduites. Un échange où la générosité le dispute au respect de l'autre. Depuis deux ans, son travail repose sur le sens du mouvement, de ses racines et la source commune qui les abreuve.

Parallèlement, Kettly Noël continue ses chorégraphies et l'une de ses dernières créations est un parfait exemple d'accomplissement de cette longue maturation. " Ti chèlbè " s'appuie sur les émotions d'une femme, tiraillée entre deux personnalités dans une sorte de schizophrénie. Ses sentiments sont reflétés par un homme qui s'attache à cette dualité et à ses différentes expressions. De ce rapport conflictuel naît une danse mêlant onirisme et réel en suivant les transferts d'une personnalité à l'autre. Une chorégraphie qui explore les limites de la conscience jusqu'à la perte de contrôle et la folie. De cette confrontation naîtra, peut-être, l'apaisement…Mais certainement pas la fin de la quête ni de la détermination de Kettly Noël.

Texte de Philippe Conrath - 2003

 

Madou Diabaté

Danseur d'origine malienne, il a longtemps travaillé avec de nombreux chorégraphes africains (Souleymane Koly, Massidi Adiatou, Sylvain Zabli). Il a participé à de nombreux vidéos clips et a fait partie du Ballet National.

Avec la Compagnie N'Solh, il a effectué des stages et des échanges aussi bien en France et qu'en Afrique.

Depuis 2002, à Bamako au Mali, il assiste Kettly Noël dans les ateliers-formation permanents donnés au sein de " l'Espace ", atelier de danse et de recherche chorégraphique.

Il a également suivi les stages ponctuels de danse contemporaine et de mise en scène donnés par les invités de " l'Espace " : Anouscka Brodacs (Italie), Fabienne Augié (France), Massidi Adiatou (Côte d 'Ivoire), Laurence Levasseur (France), Compagnie Nomades (Suisse)…

Pour lui, la danse est une histoire personnelle
" Depuis que je danse, je ne suis plus la même personne, la danse m'a ouvert l'esprit, elle me structure, me canalise, j'ai découvert en moi des potentiels inconnus jusqu'à lors….La danse me donne la possibilité
d'échanger, de créer, de me nourrir…la danse est ma vie, la vie… "

 

 


Louise et Patrick Marty

 

Louise Marty, née à Belfort en France, harpiste, chanteuse, partage sa vie de musicienne entre la scène et la pédagogie.
Elle aborde tous les répertoires, classiques et contemporains, toutes les formations pour grande harpe et harpe celtique.
Depuis des années, Louise MARTY s'attache à mettre en valeur la harpe celtique, par son enseignement et les concerts. Elle cherche à faire connaître le répertoire et la richesse de cet instrument souvent mal connu.. Elle aborde le répertoire de musique Contemporaine pour la harpe, en travaillant notamment avec John Cage, Donatoni…
Egalement chef de chœur, elle dirige un conservatoire en Ile de France et anime l'Atelier Musical des Trois Tambours (Paris , Goutte d'Or).

Patrick Marty, originaire de Melun en France, trompettiste, guitariste, compositeur, dirige à Paris, l'Atelier Musical des Trois Tambours qu'il a fondé avec Louise MARTY.
Pédagogue, musicien, passionné par toutes les formes de musique, il aborde avec ses instruments, toutes les techniques d'improvisation, compose des musiques de spectacles et de films.
Fondateur et professeur à l'Atelier Musical des Trois Tambours à Paris, il est à l'origine avec Louise, de la création de l'école de musique de Cotonou et de nombreuses expériences musicales au Bénin (formation, concerts…).

Le Duo Louise et Patrick Marty a participé à de nombreux concerts en France et en Afrique, à de nombreuses créations, spectacles (Marionnettes et Musique) …Ils ont enregistré plusieurs CD (" l'Irlande ", " Collages ", Résonances ") et poursuivent leur travail autour de rencontres diverses, notamment avec la danseuse-chorégraphe Kettly Noël pour qui ils composent et interprètent la musique du spectacle " Ti Chèlbè " .

Louise et Patrick Marty sont membres depuis 99 du Trio GanXo, qu'ils ont fondé avec le chanteur béninois Thomas Kounde et avec lequel ils enregistrent leur premier CD, " Au Royaume d'Ofia ", en 2002.

 


Pièces en répértoire…

Cousins Cousine,

Crée en février 2001, sélectionné et présenté aux Quatrièmes Rencontres Chorégraphiques d'Afrique et d'Océan Indien - Présenté 3 fois au CCF de Bamako, Journées de La Francophonie.

La pièce commence dans la solitude, un homme impassible à l'affût de chaque signe, de chaque trace de présence d'humanité jusqu'ici absente plonge soudain dans l'inconnu, reste accroupi au plus près du sol comme pour l'épouser.
Ces mouvements tout en échappées le ramènent à la terre dans des courses immobiles et de pas perdus. L'arrivée de deux hommes et une femme sur le plateau rompt soudain ce dialogue entre l'homme et l'humus ...

Cousins, cousine est fait d'attente, de désespoir et d'espoir...
Peut on jamais rencontrer l'autre, ne faire qu'un avec lui ...


Durée 25 mn - Besoins Son : Un Micro HF, sonorisation et retour pour l'instrument.

Chorégraphie et mise en scène : Kettly Noël
Danseurs : Madou Diabaté, Kettly Noël
Danseur-musicien : Dramane Diarra
Administration : Nathalie Blanchet


 

Ti Chèlbè ,

Primée à Sanga III (5èmes Rencontres Chorégraphiques de l'Afrique et de l'Océan Indien en novembre 2003) cette pièce a été crée en 2002, présenté au Festival du Théâtre des Réalités à Bamako en décembre 2002 et au CCF de Bamako en janvier 2003.

Un cri dont la fêlure est perceptible se loge dans le corps de la femme. Une colère désemparée agite ses membres, elle se heurte au vide de la solitude. Un
homme surgit de la pénombre. Il s'approche de la femme, esquisse un geste pour elle, vers elle. Elle fuit, se lance contre lui, trébuche, tournoie comme un
oiseau de proie. La proie c'est elle, elle aussi, devrait on dire. Elle le regarde, s'arrête le souffle court et repart en vrilles incessantes, se brise. Elle se cogne à
sa vie. Maladroite. Elle le sait. Elle le heurte de front comme pour provoquer la violence. La pièce est vide comme pour mieux palper la souffrance intérieure de cette femme aux yeux qui s'égarent, qui glissent sur l'homme qui tente de la soutenir mais finit par la lâcher. Encore un abandon. Elle file dans un coin mais a oublié pourquoi, retourne sur l'homme, s'accroche à lui, dans ses yeux passent toutes les peurs, son corps se froisse comme une torche. Elle tombe. Illa rattrape, l'attrape, la porte, la jette, elle se rue sur lui comme une désespérée, essaye une caresse. Illa repousse, la repousse encore, flageole sur ses jambes. Il est à terre. Elle vient vers lui, le couve des yeux. Il se relève. Elle court. Il l'attire, l'accule au mur, la traîne, la tire, la secoue. Rien n'y fait. L'angoisse habite dans cette maison, elle rend les murs poisseux. Elle se jette dans l'air comme pour tenter de retenir son être en train de se défaire, de la déserter, de faire d'elle un désert. Il s'en va. La porte claque. Un mince rai de lumière jaillit. Noir.
Il est encore là, tapi dans un coin. Ça n'a plus beaucoup d'importance soudain. Elle est assise. Elle crie. Elle regarde autour d'elle sans rien voir. Elle est enfermée dans son corps malgré son désir d'en sortir, malgré ses ruades, ses chahuts et ses chavirements. Les sons qui l'entourent grincent, crissent, grésillent, témoins d'un vacarme intérieur, des cliquetis dans sa tête qui lui font perdre l'esprit. Sa conscience lui dicte des gestes incohérents. Maintenant elle gît au sol, rampe. Son corps a des soubresauts comme en rêve. L'homme la suit dans ce duo au ras du sol qui se permet toutes les audaces gestuelles. Un solo de clarinette étreint le coeur tandis que l'un et l'autre tentent enfin de se rejoindre... Voulant rendre compte des émotions d'une femme guettée par la schizophrénie, Kettly Noël a conçu avec "Tichelbé" une chorégraphie à la gestuelle extrêmement personnelle. La scénographie tout comme la musique, remarquables, sont parties prenantes et contribuent à créer une ambiance unique de huis clos dont on ne sait finalement s'il représente une chambre dévastée ou les ravages de l'enfermement mental.

Durée : 45 mn - La pièce rassemble deux danseurs et deux musiciens.

Chorégraphie et mise en scène : Kettly Noël
Danseurs : Madou Diabaté, Kettly Noël
Musique : Louise et Patrick Marty
Administration : Nathalie Blanchet

 

La Jeune Compagnie Malienne de Danse Contemporaine
Issue de la formation permanente dispensée à Bamako à l'Espace, les dix danseurs qui composent cette compagnie ont participé à la Biennale des Arts au Mali en septembre 2003 et au festival " Dense Bamako Danse " en décembre 2003


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